Marseille a cette particularité qu’elle ne laisse pas les Français indifférents. C’est une ville forte de vingt-six siècles d’histoire, c’est le grand port sur la Méditerranée, creuset de notre civilisation. Mais la réputation de Marseille n’est pas la meilleure. Cette ville n’a cessé de reculer depuis des décennies et sa situation économique est très préoccupante. A une période où l’enjeu urbain est la clef de l’avenir, où les métropoles internationales modernes, créatrices de richesses et d’emplois par l’innovation, sont vitales à la compétitivité économique d’une nation et à l’équité sociale, la deuxième ville de France accumule les retards. Les échéances municipales à venir sont cruciales pour que Marseille engage un nouveau départ et contribue à la réussite et au rayonnement de notre pays. 

L’enjeu pour Marseille est d’envergure nationale. Cette ville doit résorber la pauvreté et le chômage qui touchent plus d’un quart de sa population, lutter contre la déstructuration sociale et l’insécurité qui la minent. Cette ville que l’État cherche depuis plus de vingt ans à transformer, a les ressources et les talents pour se redresser. Les Marseillais eux-mêmes, accablés par ce « fatalisme médiocratique » qui souvent domine, ignorent les richesses industrielles et les pôles d’excellence de leur territoire. Ils méconnaissent souvent les gisements inexploités que représentent la culture, l’économie du sport, le tourisme, le domaine de la santé, le numérique et peinent à imaginer une ville où l’urbanisme façonnerait leur quotidien en créant un environnement fonctionnel et esthétique, une ambition architecturale. Marseille est en retard sur la plupart des indicateurs environnementaux alors qu’elle est la capitale de la Provence, lovée dans un écrin méditerranéen.

Marseille a pourtant tout pour réussir. Cette réussite doit s’appuyer sur la jeunesse et l’éducation qui doivent être l’absolue priorité pour préparer l’avenir. Si Marseille devient la première ville française qui forme les jeunes au monde de demain, elle aura tout gagné et le reste suivra. La transition énergétique et numérique offre à Marseille une opportunité unique pour se réinventer en tant que métropole maritime moderne. Marseille peut devenir un bassin industriel dynamique, qui crée des emplois, des plus simples aux plus qualifiés, où chacun trouve son compte. C’est comme cela que la grande diversité des Marseillais trouvera ce point commun, cette identité et ce partage d’être Marseillais.

Parce que l’identité de Marseille est forte, son développement ne peut se penser comme n’importe quelle autre métropole. Il doit s’appuyer sur ses spécificités, son potentiel de réinvention, de créativité disruptive. Marseille doit composer avec son propre environnement, dans un esprit de résilience et de frugalité. A une époque de doute et de grandes incertitudes internationales, le principe de l’émancipation et l’idée de progrès doivent dicter notre conduite. Pour elle-même et pour la France, Marseille doit construire un projet collectif, un projet de modernité, de prospérité et de culture, pour que ceux qui n’ont pas d’emploi ni de formation en trouvent, pour avoir la liberté de faire des choix, de décider de leur avenir sans attendre des aides qui créent de la dépendance là où on devrait encourager l’émancipation et la fierté. A la veille d’un grand tournant pour Marseille, et dans l’esprit de la politique conduite par le président de la République, je serai heureux de me consacrer à ma ville, autour d’une équipe diverse, jeune et qualifiée, pour engager ce vaste chantier.    

Yvon Berland est président honoraire d’Aix-Marseille Université

Détails pratiques : Pour toute suggestion ou contribution de celles et ceux qui veulent participer au changement de Marseille, une adresse de contact leur est ouverte.

Contact : programme@yvonberland.fr